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L’article que je ne voulais pas écrire

Du coup de coeur au coup de foudre littéraire !

C’est par hasard, en reluquant les étals toujours délicieusement achalandés de la Librairie Goulard, que j’ai récemment découvert Erwan Larher. J’étais fortuitement tombée sur Le livre que je ne voulais pas écrire.  “Aïe ! Ca fait mal !” Il est des livres qui nous appellent, qui nous tapent dans l’oeil, qui nous disent “Prends-moi !” Ce fût le cas de celui-là !

Le livre qu’il ne voulait pas écrire !

Moi qui aspire tant à écrire autre chose que des articles, des humeurs ou un semblant de poésie. Moi qui me bats contre moi-même pour tenter de m’imposer une rigueur à laquelle je ne parviens toujours pas, je me demandais comment l’on pouvait se retrouver à publier un livre que l’on ne voulait pas écrire ?
Le titre m’avait attirée, attrapée dans ses filets. J’empoignai l’objet, le retournai, pour me laisser aspirer par la quatrième de couverture. Tout en subtilité, elle laissait entrevoir le sujet sans même l’exprimer. Bien sûr, j’avais immédiatement décelé de quoi il s’agissait. De quoi il en retournait, même ! Puisque ce livre me retournera littéralement.

Le livre que je ne voulais pas écrire, Erwan Larher

Un objet littéraire saisissant

Abordant l’horreur survenue au Bataclan, ce récit autobiographique (un genre contraire aux aspirations de l’auteur) raconte le juste avant, le pendant et l’après, sans jamais tomber dans le pathos. Bravant l’ironie de son sort (une balle dans la fesse !), nous dévoilant certaines de ses faiblesses, Erwan Larher tente de donner un sens à une histoire qui n’en a pas, et dont il se trouve être -à son insu- l’un des protagonistes. Un livre auquel il ne pouvait échapper. Un livre conforme à aucune règle. Un objet littéraire saisissant, tel qu’il s’efforça de le faire, tendant, ça et là, la plume à ceux de ses proches qui ont vécu cette tragédie par procuration, à travers lui. A l’un de ceux, même, qui l’avait plongé dans cet indicible carnage. Un récit poignant, empreint d’une rare humanité capable de résister à toute forme d’aigreur ou de rancoeur. 

De l’industrie musicale à la littérature

Bien au-delà de l’histoire, c’est cette plume remarquable qui stimula mon intérêt, de la première à la dernière page. A peine avais-je refermé le livre que je voulus en découvrir plus sur cet auteur dont le nom ne m’avait jamais été soufflé, et qui me semblait déjà tellement affuté.
Je me lançai rapidement dans quelques recherches sur le net, et je découvris son parcours : très tôt féru de littérature, il intègre Hypokhâgne à Versailles, puis l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, pour finalement -grand amateur de Rock qu’il est, et il fallait bien cela pour se mêler au public d’Eagles Death of Metal !- se lancer dans l’Industrie musicale. En 2001, il décida de se consacrer pleinement à l’écriture, qu’il continuait d’exercer par ailleurs, et à ce jour six romans ont déjà été publiés. C’est sur le troisième, L’abandon du mâle en milieu hostile, écrit en 2013, que je jetai mon dévolu. 

Deux auteurs au diapason !

Sujet inconnu, Loulou Robert

De nouveau, direction la Librairie Goulard ! Pas de bol, ce livre n’est plus édité. Malheur ! Marguerite n’aime pas ses fesses, le dernier en date, était bien en rayon, mais pour l’heure, ce n’était pas celui-ci que je venais chercher ; et je sais me montrer entêtée. Tant pis, je me rabattrai sur un exemplaire d’occasion, commandé sur internet et payé le prix fort !
Mon impatiente se faisait grandissante, mais en attendant de le recevoir, je découvrirai Loulou Robert, son amoureuse, qu’il mentionne et à laquelle il prête également la plume dans ce fameux livre qu’il ne voulait pas écrire. Comme lui lors de leur rencontre, je restai dubitative quant au fait qu’il s’agisse d’une ex mannequin. On a beau dire, quand on aspire à la littérature on s’encombre souvent de certains préjugés. Mais, non, il ne suffit pas d’avoir un cursus exemplaire pour être talentueux, et oui, on peut être belle et brillante ! Sujet inconnu (son troisième roman) fut également une réjouissante découverte : je le dévorai d’une traite, ou presque. Une écriture bien rythmée, une narration fluide. C’est frais, percutant, et d’une remarquable justesse émotionnelle. Je ne développerai pas ici, là n’est pas le sujet, je n’ai d’ailleurs aucune prétention de critique littéraire. 
Du coup de coeur au coup de poing dans la gueule, elle voulait retrouver le garçon, il finira par l’enchaîner…
Nul doute, Loulou résonne (ou/et raisonne ?) au diapason de son homme !

https://www.youtube.com/watch?v=tlIonLCnkg0
(Taxi Girl, Cherchez le garçon. Tellement décalé, mais ici il tombe à pic ! C’était trop tentant !)

L’abandon du mâle en milieu hostile, Erwan Larher

L’abandon du mâle en milieu hostile : Un vrai coup au coeur !

Le livre tant attendu, annoncé en très bon état, arrive enfin. Tout gondolé d’humidité ! (Un sac de plage, certainement…) Brève déception. Pas grave, RecycLivre me le remboursera intégralement. Belle affaire, finalement ! 
Certaines péripéties nous apprennent à savourer pleinement ce qui se présente à nous, et il y a bien longtemps qu’un auteur ne m’avait pas contentée de la sorte. Je m’étonne même que ce roman n’ait pas connu un plus grand succès, et ne soit pas édité en Poche. Une histoire d’amour tragique, qui fait son lit dans les années 80 et nous prend aux tripes. Un livre intense qui nous transporte, non sans humour, de page en page, d’une émotion à l’autre. Un style résolument moderne, mais toujours en quête du mot juste, osant même un vocabulaire parfois tombé en désuétude mais tellement précis. Tout simplement époustouflant ! On en redemande encore… Un vrai coup de foudre littéraire !

4ème de couverture, L’abandon du mâle en milieu hostile

https://www.youtube.com/watch?v=vwmU343eBu0
(The Stooges, I wanna be your dog. Now I’m ready to close my eyes,
And now I’m ready to close my mind)

L’article que je ne voulais pas écrire 

Mon intention première n’était pas d’écrire un article sur ces délicieuses lectures, tout juste une petite publication Facebook pour vous faire part de ces précieuses découvertes. Cependant, les références musicales d’Erwan Larher m’avaient aussi donné envie de me replonger dans ces morceaux d’anthologie, et de les partager avec vous. Le blog était donc le support idéal pour le faire. 

https://www.youtube.com/watch?v=50E9YNI3J0E
(The Cure, Siamese Twins. Then everything falls apart, Broken inside me, It falls apart)

Là, le flot des mots surgit, et le petit clin d’oeil initialement envisagé s’est répandu en paragraphes pour devenir un article à part entière. Ceci n’étant pas fait pour favoriser mes écrits personnels, j’abandonnai l’article. Du moins pour l’heure… Les deux compères avaient stimulé ma plume, et, après avoir refermé Sujet Inconnu, j’entamai un nouveau chantier suscité par l’évocation d’un lieu, Le Zéphir, que j’affectionnais particulièrement quand je vivais à Paris, en collocation, 25 rue Levert. Que de souvenirs remontaient en moi… Une nouvelle peut-être ? L’idée me plaît bien. Mais il n’est pas toujours aisé de se livrer à la chose…
Dixit Erwan Larher, “Écrire. C’est comme vomir un soir de cuite : un acte irrépressible, désagréable, dont en même temps on espère un soulagement.” Puisque que je vomis rarement, il me faut bien trouver un moyen d’évacuer les raisons qui me font si souvent lever le coude. Alors, parce qu’on ne réussit bien les choses que lorsqu’on les ordonne, je décidai d’abord de boucler cet article, pour mieux laisser couler, ensuite, le flux de mes nausées ravalées.
Quand on prétend soi-même écrire, il est toujours délicat de parler des auteurs. Resté presque deux mois en suspens, cet article a bien failli ne jamais voir le jour. Mais, laisser un texte en suspens, c’est comme ne pas terminer un tableau. Entamer la construction d’une maison, poser ses premières pierres, et ne jamais l’achever… Voilà pourquoi il me fallait impérativement publier cet article que je ne voulais pas écrire… 

Encore un grand “Merci La Vie !” pour ces merveilleux jalons que tu poses sur mon chemin ! 🙏

https://www.youtube.com/watch?v=OQKyMZ8gsPI
(The Damned, Jet Boy, Jet Girl, vous l’aurez compris, ça plane pour moi !)

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