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Victoria Abril, une actrice en chanteuse, enchantée !

Victoria Abril & Luz Casal

Pendant le dernier Festival International du Film de Marrakech, le cinéma espagnol était à l’honneur, maintenant, c’est l’Espagne qui célèbre en ses terres, L’année du Maroc. A l’heure où le climat se réchauffe entre deux pays restés en froid pour une question de rocher, deux sulfureuses chanteuses hispaniques se produisent au Maroc. Malgré des tempéraments différents, Victoria Abril et Luz Casal ont une multitude de points communs comme le réalisateur Pedro Almodovar et le producteur Javier Limon.
Pendant le festival, la société événementielle One Way Concept les produisait toutes les deux à Marrakech : Luz Casal à Dar Soukar et Victoria Abril au Pacha puis au Megarama, à Casablanca, le 1er Décembre dernier.

Victoria Abril

Une actrice en chanteuse, enchantée !

Après plus de trente années de carrière cinématographique au cours de laquelle elle a su se démarquer dans de nombreux films espagnols et français – comme Cambio de sexo et Amants de Vicente Aranda (son cinéaste fétiche), Talons aiguilles et Attache-moi de Pedro Almodovar, Gazon maudit de Josiane Balasko, ou encore Personne ne parlera de nous quand nous seront mortes de Agustin Diaz Yanes – dans lesquels elle interprète souvent des rôles décalés et provocants ; hyper active, Victoria Abril se tourne maintenant vers le monde de la musique.

Comme un défi, une thérapie pour Victoria qui, après une expérience et un enregistrement malheureux à l’âge de 17 ans, est restée aphone pendant plusieurs années, n’osant plus chanter même dans sa salle de bain. Grâce au cinéma, elle en retrouve la force. Dans Sin noticias de Dios, Victoria interprète le rôle d’une chanteuse glamour des années 50 et enregistre deux chansons. Après s’être longtemps retenue, luttant contre le cliché de l’actrice, mal vue, qui se met à chanter, Victoria s’essaye à la bossa nova. Une musique qui a rythmé sa vie depuis ses plus tendres amours d’adolescence.

 

Avec Javier Limon – producteur entre autres de Paco de Lucia et de Luz Casal – Victoria a éduqué son oreille et enregistré avec des musiciens de renom, dix titres en portugais, en anglais et en français. Sorti en mars dernier, son premier disque Putcheros do Brasil est une sorte d’anthologie des meilleurs morceaux du répertoire brésilien. Des standards comme Agua de bébé chanté en duo avec Rosa Passos, ou encore Ah tu verras, version Claude Nougaro. Des textes merveilleux, comme ceux de Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes, qui parlent d’amour et de « Saudade », la nostalgie. Comme des courts-métrages, ce sont de bouleversantes histoires racontées en quelques minutes chacune.
Chanter la bossa nova n’est pas chose aisée mais Victoria Abril en connaît le secret. Elle doit être ressentie et se raconte plus qu’elle ne se chante : « avec un filet de voix, comme de la dentelle ».

C’est peut-être parce que Victoria Abril doit son nom de scène à ce doux mois durant lequel elle a vu le jour, qu’à 45 ans, l’artiste a su garder toute sa fraîcheur printanière. Pétulante, avec la grâce et la dextérité de ses gestes qu’elle tient de la danse classique, Victoria Abril est une belle fleur épanouie.
Délicieuse et coquine, tout au long de son concert, avec sa voix sensuelle et ses « r » enjôleurs, elle parle avec passion de sa rencontre avec La Bossa Nova qui coule « intra veinos » et se chante avec le cœur. Elle nous raconte l’histoire de son album et celle de son titre. A Malaga, « el puchero » est une sorte de pot au feu à base de viande et de pois chiches, qui cuit – dans une marmite portant son nom – pendant deux heures, à petit feu ; un peu comme ce disque qu’elle a longtemps laissé mijoter. Mais Victoria lui donne aussi une autre signification et le réorthographie : « Putcheros » de Putch et Eros : L’histoire perpétuelle de l’amouuuur et du désamouuuur…

Alors, s’il n’est pas aisé de porter la double étiquette d’actrice-chanteuse, la musique brésilienne colle parfaitement à la peau de ce sacré petit bout de femme. Victoria est surtout une artiste enchanteresse avec un pep’s du tonnerre. Elle peut donc s’écrier haut et fort : « Vive le Cinéma, vive la Musique ! »

Article publié dans Feen Magazine/Maroc/Janvier 2006

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