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Festival Tous Courts, une édition de folie !

 Festival Tous Courts, une édition de folie !

Devenu un rendez-vous incontournable du Court-Métrage, cette année, le Festival Tous Courts nous avait concocté une édition de folie ! Une longue queue devant Le cinéma le Cézanne avant la cérémonie d’ouverture, laissait entrevoir l’engouement généré par l’événement, et la grande salle du Cinéma Aixois était à son comble pour démarrer cette 35ème édition. Une édition toute en légèreté et en bonne humeur, à l’instar du Président du Festival, Guy Astic, qui ouvrait les festivités avec Icon titre de l’artiste belge Daan : le ton était donné ! Assurément Le monde est fou, alors laissons libre « Court » à la dérision… And let’s go crasy !

Une cérémonie d’ouverture au parfum de Noël !

Plusieurs films ouvraient le bal, mais si je ne devais en retenir qu’un seul, ce serait sans aucun doute Kapitalistis. Noël approche à grand pas, et cette fête – si merveilleuse vue par des yeux d’enfant – peut ressembler à une belle farce aux yeux des adultes. Serions-nous tous des dindons ? Sûrement pas ! Mais qui ne tenterait pas l’impossible pour voir les yeux de son enfant briller de toute la magie de Noël ?… Kapitalistis, un film à la fois drôle et attendrissant, interprété par des acteurs hauts en couleurs. Quand Nikos, un petit garçon de 5 ans affirme : “Le Père Noël est un capitaliste. Il apporte des jouets aux enfants riches et des pulls aux pauvres !”, alors Georges Siatidis enfile son costume de Superpapa pour décrocher la lune : un sac d’école à 180 boules (de sapin) ! Un film récompensé par de nombreux prix en France et à travers le monde, notamment en Belgique, en Norvège, en Espagne, au Mexique, en Argentine ou encore à Chicago… Et, s’il n’était pas hors compétition ici, Kapitalistis aurait bien mérité la Palme Suprême !
Bien entendu, pas de cérémonie d’ouverture sans cocktail dînatoire : direction Ô Zen, où bon nombre se ruèrent sur les nems et les beignets de crevettes ! Ici, tout le monde est invité, il n’y a qu’à s’inscrire au préalable sur le site du Festival. Alors tant pis pour ceux qui souhaitaient juste picorer quelques miettes, certains avaient déjà fait quelques jolies provisions pour l’hiver ! …

http://originefilms.fr/cinema/production/catalogue/article/kapitalistis

Il court, il court… le Court !

Le Festival Tous Courts, c’est 51 films en compétition, et plus de 200 films projetés. Pendant 6 jours, plusieurs projections sont proposées dans différentes salles de la Ville, aux Cinémas Le Cézanne et Le Mazarin, ou encore à L’Institut de l’image et l’Auditorium de la Verrière à La Cité du Livre… Des films présentés dans diverses catégories, en compétition ou non. Des films venus de divers horizons et voyageant à travers le monde. Ou encore des Cartes Blanches laissées à des professionnels afin de mettre en exergue tantôt un pays, tantôt un certain regard…
Le festival se ponctue également de conférences et de tables rondes autour des différentes spécificités de ce format bien à part, mais incontournable du cinéma. De l’écriture du scénario à la production… Autant de points susceptibles d’influer sur le cours du court.

Un festival qui rayonne dans sa périphérie, aussi ! Puisque la semaine qui précède l’événement, une sélection Coup de Coeur et un Programme Scolaire se baladent Hors les murs, un peu partout, dans les villages autour… Pas moins de 9 escales cette année ! De Lambesc à Eguilles, de Venelles à Gardanne, et de Porc de Bouc à Trets… Il court, le Tous Courts !

Des courts en tout genre…

Des films en compétition la journée, et, chaque soir, un nouveau programme : Soirée Arte, Soirée Polar SNCF… Mais que serait le Festival tous Courts sans sa mythique Nuit du Court ? Avec une programmation des plus délirantes, cette année, pour illustrer le thème : Le Monde est fou !  Ainsi dans la nuit du vendredi au samedi, quatre programmes de courts-métrages se sont succédés de 23h à l’aube, pour se terminer en soupe à l’oignon sous d’inattendus flocons de neige, sur le trottoir du Next, QG officiel du Festival.

Nuit du Court : soupe à l’oignon sous la neige…

Le Festival Tous Courts, c’est aussi un Marché International du Film Court qui fêtera ses 20 ans, l’année prochaine. Un catalogue de plus de 2 200 films qui peuvent tous être visionnés dans un espace réservé aux professionnels, au Cloître des Oblats : véritable plaque tournante du Court-Métrage ! Ici chaînes de télévision et organisateurs de Festival viennent des quatre coins du monde sélectionner, acheter et programmer les films de leur prochaine saison. 

Le Marché du Court, Cloître des Oblats. Crédit photo : Sébastien Revellin, Alice Richard

Depuis 4 ans, le Festival Tous Courts fait la part belle au cinéma Expérimental. Un genre très particulier, plutôt réservé aux initiés. Quelque peu en marge de l’Industrie cinématographique. Bien plus axé sur une recherche esthétique que sur un scénario. Associant l’image à l’Art Plastique. Cette année, le Jury récompensait l’audace de Samuel Bester avec Le Rêve de la pêcheuse. Un film inspiré d’une estampe japonaise de 1814,  elle-même inspirée par l’histoire de la Princesse Tamatori, que l’on retrouve dans certaines Shunga, livres d’art érotique japonnais. Fantasme d’une femme en prise avec un poulpe aussi visqueux que vicieux. Audacieux, assurément ! Film X d’une génération Y, peut-être… Un film qui ne laissa personne sans-y aller de son petit commentaire ! 

Le Rêve de la pêcheuse, de Samuel Bester

Et il concourt, le Court !

Bien évidemment, pas de festival sans prix ! Et c’est à l’Auditorium de la Verrière, à la Cité du Livre, que se déroula la cérémonie de clôture. Cette année, huit prix furent attribués dont le Prix France 3 Libre Court, le Prix Unifrance Films, le prix du Meilleur Scénario, le Prix du Jury… Alors pour faire court, je m’arrêterai à deux d’entre eux :

Le premier, Written/Unwritten, Grand Prix 2017, décerné par la Ville d’Aix-en-Provence. Un très joli film roumain d’Adrian Silisteanu. Une histoire de papiers d’identité et d’autorisation de sortie de maternité au sein d’une famille Rom, portée par des comédiens d’une justesse empreinte à la réalité. 

Cérémonie de clôture du Festival Tous Courts, Grand Prix 2017 Written / Unwritten d’Alexandre Steiger

Le second, Pourquoi j’ai écrit la bible d’Alexandre Steiger, Prix du Public, également couronné d’une Mention Spéciale du Jury. Tellement énorme que c’est irracontable. Ca se regarde, ça s’écoute… ça se savoure ! Le personnage central, Francis, est condamné à mourir certes, mais bien décidé à vivre sa folie jusqu’à son dernier souffle. Des répliques drôles, souvent ubuesques… Et un dîner de fantômes des plus fantasques ! Mais hélas, je n’ai pas d’images… Il faudra courir les prochains festivals, ou guetter sa diffusion prochaine sur le petit écran pour le voir…

Alexandre Steiger, réalisateur. Interprète également Jésus, Coach en Développement Personnel dans Pourquoi J’ai écrit la Bible. Juste énorme !

Mention très Spéciale aux Mentions spéciales 

Tellement de prix que tous ne pouvaient être diffusés après la cérémonie. Pourtant, il y a deux Mentions Spéciales que j’aurais vraiment aimé voir : Il pleut sur Ouaga de Fabien Dao, Mention Spéciale du Jury et Calamity de Maxime Fayers et Séverine de Steyker.
La première, parce que j’entretiens avec le Burkina Faso un lien particulier puisqu’il est une partie des origines de mon fils… Par ailleurs, avec le Fespaco (Festival du Film Panafricain, auquel j’ai eu la chance d’assister il y a 10 ans) Ouagadougou est une vraie terre de cinéma.
La seconde, Calamity, Mention Spéciale du Jury Jeune, dont le thème aborde la question de l’appartenance à un genre sexuel, sujette à de drôle de réactions de l’entourage quand ce genre est un peu anticonformiste. Court-métrage qui a déjà reçu de nombreux prix dans les festivals, dont le prix Unifrance à Cannes.
Mais je devrais me résigner, ces deux films ne seraient pas présentés ce soir là… Et il me faudrait trouver un subterfuge pour remédier à cette frustration.

Une équipe de chic et de choc !

Si les beaux événements perdurent, parfois ils s’essoufflent un peu… Après la disparition de Marc Ripoll, figure emblématique du Festival Tous Courts, l’événement a connu des moments difficiles, et quelques remaniements. Laurence Vivarelli – qui a beaucoup appris auprès de celui dont l’ombre planera éternellement au dessus du Festival – occupe désormais le poste de Directrice Artistique. Avec Emmanuelle Prévot, Responsable administrative, elles forment un tandem de chic et de choc, bien décidé à aller de l’avant. Depuis deux ans, leur équipe a su redonner de l’élan au festival, ce que venait confirmer le succès de cette 35ème édition. La relève est assurée et bien engagée… Grâce à une amie des plus actives dans cette nouvelle dynamique, j’ai la chance d’y avoir mes entrées, et j’avais grand plaisir à retrouver cette année tous les membres de cette joyeuse équipe.

 

Un tandem de chic et de choc : Emmanuelle Prévot, Responsable administrative, et Laurence Vivarelli, Directrice Artistique du Festival Tous Courts

Allez viens, je t’emmène au Next…

Le vent et le vin nous amenèrent donc à poursuivre la soirée au Next, en compagnie de celles et ceux qui avaient contribué à la réussite de cette édition de folie. Une douce frénésie semblait s’être emparée de tous, et beaucoup se laissèrent porter par les rythmes endiablés jusqu’au petit matin. Bien sûr, j’étais de ceux-là… Il faut dire que je perds rarement l’occasion de me laisser embarquer… Jusqu’à parfois devenir une vraie calamité ! Surtout lorsqu’il s’agit de rentrer. L’année dernière, j’étais venue en taxi, cette fois j’avais ma voiture… Alors à 5 heures, vu l’état avancé dans lequel j’étais, je choisis de dormir une petite heure avant de rentrer. Allumant de temps en temps le moteur pour faire monter la température de cette nuit encore quelque peu enneigée. 

My name is Calamity !

Le lendemain, quand je me réveillai dans mon lit, toute ensuquée de la veille, j’eus bien du mal à faire le point. Quelle calamité ! Puis, au fil de la journée, remontant la pendule du temps, j’en vins à réaliser que ce moment passé dans ma voiture, entre le Next et chez moi, était digne d’un court-métrage. L’idée commençait à se précisait quand je trouvais dans ma boîte mail un message qui me rafraîchit soudainement la mémoire. Dans mes réminiscences, j’avais oublié que j’avais eu la chance de croiser Maxime Fayers, co-réalisateur de Calamity, auquel j’avais laissé ma carte. Ainsi, je trouvai le lien qui me permit de visionner ce film que je tenais tant à voir… Un peu comme un cadeau de Noël avant l’heure. Quel bonheur !…
Rentrant de vacances en avance, France et Lucien, un couple en dehors du temps, vont enfin rencontrer la petite amie de leur fils, Cléo alias Calamity… Une histoire des plus bouleversantes servie par des comédiens émouvants et drôles. De sublimes images qui faisaient écho à mon coup de coeur cinématographique de l’année : Une Femme Fantastique, de Sebastián Lelio. D’une rare sensibilité…
Ainsi s’achevait pour moi cette inoubliable édition du Festival Tous Courts. Peut-être l’année prochaine irais-je fréquenter les ateliers d’écriture de scénario, histoire de peaufiner cette idée de court qui me trotte désormais dans la tête… En attendant, je ne peux pas vous faire cadeau du film, seulement du teaser. Un avant-goût de Calamity : Rien que du bonheur !

 

 

Je n’ai pas encore déniché la B.O de Calamity, mais voici un dernier cadeau : le générique de cette édition de folie ! Daan, un artiste étonnant. Dans un tout autre genre, je vous invite à découvrir Friend ou encore Victory, mais pour l’heure il s’agit d’Icon, comme une ambiance de Western…

Joyeux Noël à tous !

 

 

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